de fortune
Exposition au CIRCA art actuel, Montréal
photos : Jean-Michael Seminaro
L’exposition de fortune est une installation composée d’une sculpture monumentale au titre éponyme et d’une vidéo d’animation double canal intitulée Paréidolies.
de fortune
Bois flotté, vis, peinture au latex, marqueurs à l’huile, chandelles de mécanicien, 2025
Cette sculpture monumentale construite depuis un assemblage de branches en bois flotté épouse la forme d’un campeur Westfalia modèle de 1967, à l’échelle 1:1. Ce véhicule, figure emblématique transgénérationnelle, occupe une place prépondérante dans l’imaginaire, renvoyant à une forme de tourisme ayant pris son essor durant la pandémie, amplifié par la crise climatique. Le Westfalia est aussi porteur d’un antagonisme, celui d’un mode de voyage romantique ramenant au nomadisme des années hippies, mais que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de mode « élite », inaccessible à la plupart des citoyens. Le campeur renvoie aussi à la réalité d’un nomadisme forcé par la crise du logement. Ici, la structure de bois flotté évoque l’actualisation par procuration d’un projet utopique réalisé à partir d’un matériau pauvre.
Cette œuvre a été réalisée sur le temps long. Elle constitue un patient travail de récolte, d’assemblage et de façonnage qui s’est déroulé sur un an et demi et dont la durée en impacte le contenu.
Paréidolies
Vidéo d’animation à double canal, 9 minutes, 50 secondes, 2025
Paréidolies est réalisée au moyen de la photogrammétrie. Des branches de bois flotté récoltées sur la grèves du Saint-Laurent sont d’abord numérisées en 3D, puis filmées avant d’être subtilement animées dans de courtes vidéos où on se plait à dramatiser le phénomène psychologique de la paréidolie, soit la prédisposition de l’esprit humain à identifier des visages, des animaux ou autres figures familières que l’on croit percevoir dans les nuages, les rochers, ou en l’occurrence dans la morphologie du bois érodé et tordu. Un canal vidéo montre les branches filmées dans des coloris naturels, l’autre canal reprend les mêmes plans dans des couleurs totalement artificielles révélant d’autres aspects de la morphologie. Le tout dans un lent travelling laissant le visiteur suspendu à la découverte de nouvelles figures révélés par les angles changeants de notre point de vue sur ces objets.



















